Jardin El Pedregal: Architecture vernaculaire mexicaine par Luis Barragan et Max Cetto


Barragan and Cetto, 140 Fuentes, plan of house and garden, from I. E. Myers, Mexico’s Modem Architecture (New York, 1951) http://www.jstor.org/stable/991481

Ce dessin de Max Cetto produit à l’aide de Luis Barragán du 140 Avenida de las Fuentes fut en 1951 , construit dans le Jardin El Pedregal au Mexique. Un projet ambitieux de la part de l’architecte mexicain qui en 1944 a acheté sa première terre en face de l’emplacement actuel du jardin de roches, plus communément appelé El Pedregal. Par la suite, Barragán s’est associé à un agents d’immeuble avec lequel il a acheté d’énormes terres de ce jardin volcanique, qui à l’époque pouvait être acquis à prix raisonnable à l’achat d’une grande superficie. La géologie particulière de cette banlieue au sud de Mexico, qui a été ravagé par le volcan Xitle il y a environ 2500 ans (Catalogue du MoMa p.11), est au coeur de l’amour que Luis Barragán a initialement porté pour ce paysage atypique. Comparé à la ville de Mexico, qui est très linéaire d’après les influences coloniales espagnoles, le Pedregal de San Angel n’a que les lignes de la lave séchée qui est très irrégulière, comme route directrice. C’est ce caractère irrégulier du sol volcanique et de la roche que Barragán décide d’entamer un projet de développement résidentiel architectural dans le Jardin qui étant une terre vierge et non touchée pas les Espagnoles lui donnent se statut de nationalisme mexicain. C’est cet aspect qui donne au Pedregal cette vernacularité du territoire qui devient donc par définition typiquement mexicain.

Barragan and Cetto, 140 Fuentes, plan of house and garden, from I. E. Myers, Mexico’s Modem Architecture (New York, 1951) http://www.jstor.org/stable/991481

Le plan architectural ci-dessus exécuté par le partenaire de Luis Barragán, Max Cetto, illustre un espace monumental accordé au jardin. Cette importance en dit long sur les priorités de Barragán qui avait une grande admiration pour l’espace des jardins dans l’architecture résidentielle. C’est lors d’un premier voyage en France que Barragán tombe en amour avec les jardins tout particulièrement ceux de Ferdinand Bach. Il croyait fortement que l’espace d’une maison ne devait que prendre une espace limité au besoin essentiel et que le reste devrait être jardin. L’espace de la maison ne serait donc seulement un espace de retraite presque monastique qui ne servirait seulement qu’à se retirer et se reposer. Si l’espace de la maison prenait plus que 10% du terrain a loué, elle ne rentrait pas dans les restrictions de ses attentes.(p.127,Postwar Modernism in Mexico: Luis Barragán’s Jardines del Pedregal and the International Discourse on Architecture and Place Author(s) ). Luis Barragan a ici autant un rôle d’architecte que de paysagiste comme dans la plupart de ses projets n’excluent pas celui des maisons dans El Pedregal. Un aspect remarquable de ce dessin architectural est la délimitation de la terrain volcanique, cette roche qui rend El Pedregal aussi spécial et après sa commercialisation un endroit prisé pour le développement de maisons.

Barragdan and Max Cetto, 140 Avenida del las Fuentes, Jardines del
Pedregal, real estate advertisement from Arquitecturo Mexico, December 1953 http://www.jstor.org/stable/991481 .

Les escaliers au milieu du plan sont aussi un bon exemple du grand respect que Barragán avait pour la roche volcanique en gardant une forme organique aux marches qui suivent le courant de la lave qui a séché il y à plus de 2 millénaires. Des murs sont construits autour de cette propriété pour garder cette intimité lié au jardin:  » Yet behind these walls the traditional relationship between building and garden was reversed; the gardens surrounded and permeated the buildings; instead of encompassing the gardens, the buildings grew out of the landscape » (Postwar Modernism in Mexico: Luis Barragán’s Jardines del Pedregal and the International Discourse on Architecture and Place Author(s) p.129)

Landscape by Luis Barragan, image by Armando Salas Portugal via the Barragan Foundation
https://99percentinvisible.org/episode/depave-paradise/

Ce dessin est important, car il fait partie de la naissance du projet monumentale de Luis Barragán et de Jose Alberto Bustamante, agent immobilier, qui ensemble achete 865 acres dans El Pedregal (Catalogue du MoMa p.11). Ce projet qui a amené une popularité nouvelle à la population mexicaine aux bijoux géologiques encore jamais exploités dus à sa mauvaise réputation, qu’était ce jardin de roche rempli de serpent et de mauvais esprit. Ce projet a été important pour la carrière de Luis Barragán, car il donna à la population mexicaine quelque chose qui était propre à eux et qui n’a pas été altéré par les Espagnoles. Ce projet marque aussi un point tournant pour la carrière de Barragána cause d’un changement d’une architecture plus traditionnelle à un format plus moderniste qui fut influencé par sa visite de Le Corbusier en France. La magnitude du succès de ce développement architectural résidentiel a monté la construction de plus de 900 maisons en l’espace d’environ 10 ans (Catalogue du MoMa, p.12) . La roche volcanique jamais exploitée ni par l’architecte ni par les Espagnoles faisait du développement du El Pedregal un projet unique en son genre. Après des 140 Avenida de las Fuentes, qui était un pilot pour le projet, influence tout le développement d’une grande partie des maisons dans El Pedregal ainsi que la demeure privée de Barragán qui est aujourd’hui protégée par l’UNESCO qui célèbre le génie architectural de Barragán.

Pour conclure cette recherche une question met venu a l’esprit. Apres plusieurs années, la roche volcanique du jardin Del Pedregal a été recouverte par les propriétaires qui souhaitaient avoir des jardins de type français/ européen qui, grâce à leur climat ont une abondance de verdure et de gazon qui ne fait pas partie du paysage de Pedregal. Pourtant ce que Luis Barragán voyait dans cette roche volcanique est un paysage typiquement mexicain. Pourquoi a elle donc été rejetée par la population qui perpétue cette culture? Pourquoi ce désir d’avoir des jardins de type plus conventionnel et eurocentriste verdoyante, qui n’est pas du tout représentatif ou réaliste à maintenir dans une géologie telle celle du Jardin El Pedregal.

Bibliographie

  • AMBASZ, Emilio, The architecture of Luis Barragàn, The Museum of Modern Art: Distributed by New York, New-York,1976, 137p. https://www.moma.org/documents/moma_catalogue_2461_300298680.pdf
  • BLANCHET, Stéphane ,CARDU-GOBEILLE, Emmanuelle, SÉRIS, Hugues, TESSIER, Claudie , Luis Barragan, Université Laval, Québec, 2014, 13p. https://www.arc.ulaval.ca/files/arc/Luis_Barragan.compressed.pdf
  • EGGENER, Keith, Postwar Modernism in Mexico: Luis Barragán’s Jardines del Pedregal and the International Discourse on Architecture and Place Author(s), University of California Press on behalf of the Society of Architectural Historians, 1999, 25p. http://www.jstor.org/stable/991481 . 

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