Maison de Verre, 1928-32, Pierre Chareau, Paris, France

Plan axonométrique des trois niveaux de La Maison de Verre par Kenneth Frampton, c. 1965. Source: Kenneth Frampton fonds, de la série Works and teaching 1965-2016, Collection du Centre Canadien d’Architecture

La construction de La Maison de Verre, mesurant près de 600 mètres carré, débuta en 1928 et dura quatre ans. Pierre Chareau en est l’architecte principal, mais il fut soutenu dans son projet par les architectes Bernard Bijvoet et Louis Dalbet. La Maison de Verre est un projet d’architecture moderniste reconnu comme un emblème français, construit entre la Première et la Deuxième Guerre Mondiale. Son entrée principale étant située dans une cours à Paris, elle est donc uniquement accessible par un portail donnant sur le 31, rue Saint-Guillaume. Les deux enjeux principaux de cette maison expérimentale sont la modernité et l’avant-gardisme. Cette infrastructure est une incarnation d’avant-gardisme dans l’utilisation de matériaux qui n’avaient jamais fait leurs preuves auparavant, comme le verre en grande quantité. « Even as late as 1929, St. Gobain was still unprepared to give a weather proof guarantee to the proposed use of lenses in the Maison de Verre. It is a measure of Chareau’s clients’ courage that they were willing to adopt such an unproven material for the enclosure of their house. » (Frampton, 1969) Elle témoigne de modernité, car elle se démarque largement des constructions des années 1920, non seulement par ses matériaux, mais aussi par son organisation spatiale intérieure, son style et ses meubles, qui étaient presque tous des objets de production de masse, ce qui à l’époque, était un concept tout récent mené par l’école du Bauhaus. À cela, nous ajouterons le verre des carreaux mélangé au caoutchouc qui recouvre tout le sol ou encore son délicat cadre d’acier et son ingénierie de manufacture. Le dessin choisi représente l’axonométrie de la Maison de Verre, vue de la cours avant. Il a été effectué par Kenneth Frampton, architecte, historien et critique s’étant beaucoup interessé au travail de design et d’architecture de Chareau. Frampton, qui connut une grande partie de son succès au 20e siècle, est entre autre reconnu pour sa théorie sur le régionalisme critique, qui relève de l’influence d’un lieu sur son architecture. Cet historien a également co-écrit un livre sur le design intérieur exploité par Chareau en 1990. 

Façade de La Maison de Verre, photographie par Hugo Macdonald pour Kinfolk n. 30. (©KINFOLK 2020)

Le médium utilisé est un papier translucide sur lequel on a dessiné à l’encre et au graphite. Il est donc représenté dans sa plus simple expression, très minimaliste et propre, car il n’est pas fait à main levée. On peut y distinguer l’escalier menant à la porte principale, car elle est à l’extérieur de la construction et dessinée légèrement plus pâle que le reste, elle flotte dans le vide. Par contre, les espaces ne sont pas explicitement identifiés sur le dessin, il est donc nécessaire de faire une recherche préalable pour bien comprendre l’infrastructure et ses dispositions qui sont présentées. On y voit principalement le premier et le dernier étage. Comme mentionné brièvement plus haut, la façade de la Maison de Verre est composée dans son entièreté de carreaux de verres qui, ensemble, forment une grande surface vitrée. Sur cette façade, on peut également voir deux échelles qui montent de haut en bas sur toute la hauteur. Perpendiculairement à ce mur, on retrouve un second mur vitré qui donne à la construction sa forme en « L ». Elle est transpercée de plusieurs minces poteaux d’acier, ce qui lui permet sa solidité malgré le peu de murs de soutient qu’elle possède. Un escalier principal se trouve au centre de l’édifice, qui permet d’accéder au premier plan, puis un deuxième escalier rétractable qui part du premier au deuxième étage qui se trouve reculé près du mur ouest. Le premier étage partage beaucoup d’espace avec l’étage supérieur, puisque son plafond ne recouvre pas toute la surface du plan. La superficie du dernier étage est donc moins grande que celles du rez-de-chaussée et du premier. On peut bien voir sur le dessin les salles de bain et les chambres du deuxième étage qui donnent toutes sur le même balcon longeant le côté nord de la demeure. La Maison de Verre à donc été construite en quelque sorte de façon « aire ouverte » et surtout, pour ses trois différents plans qui ont des fonctions différentes. En 1969, dans un article pour The MIT Press, Kenneth Frampton explique les spécificités des différents plans: « The ground floor was allocated to medical practice, the first floor to « public » and « semi-public » space and the second floor to private sleeping space, bedrooms, bathrooms, etc. A three story service wing, comprising kitchen and maids quarters was built out from the main volume to one side of the forecourt. » (Frampton, 1969)

Aire commune de La Maison de Verre, photographie par Hugo Macdonald pour Kinfolk n. 30. (©KINFOLK 2020)

La Maison de Verre est toujours sur pied de nos jours. Elle a été achetée à la famille Dalsace, qui avait engagé Pierre Chareau, en 2006 et est habitée par Robert Rubin depuis. Elle n’est pas ouverte au grand public, mais si vous êtes associés au métier d’architecte, il est possible de planifier, plusieurs mois en avance, une visite avec le propriétaire.


BIBLIOGRAPHIE


Laura Scherling, « Exhibition Review: Pierre Chareau: modern architecture and design », dans Interiors (2017), p.159-168.

Kenneth Frampton, « Maison de Verre », The MIT Press, dans Perspecta, Vol. 12 (1969), pp. 77-109 et 111-128.

Ginger Moro, « Pierre Chareau`s lighthouse of modernism: the Maison de Verre », dans Echoes, N° 36, (Mai 2001), p. 58-65, 86, 92-93, 99.

Nicolai Ouroussoff, « The Best House in Paris », sur The New York Times, 26 août 2007, [En ligne], https://www.nytimes.com/2007/08/26/arts/design/26ouro.html

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