Glass House, la nature devient fondamentale !

Photo prise sur le site internet theglasshouse, vue d’ensemble de la maison.

Philip Johnson achète 2,5 hectares de terrain en 1946 et décide d’y construire son oeuvre, il dit « Je considère ma propre maison moins comme un foyer que comme une banque d’idées qui peuvent réapparaître plus tard dans mes propres œuvres, ou celles d’autrui »(site internet The Glass House). Il s’inspire de  Lloyd Wright, de le Corbusier, du plan de Choisy de l’Acropole à Athènes, ainsi que de la Maison des Gardes Agricoles de Ledoux, plus directement de la Farnworth House de 1947 de Van der Rohe. Construite en 1949 à New Canaan,  elle a comme destination l’habitation.

Plan 1, pris dans le livre Philip Johnson, The Glass House, Edited by David Whitney and Jeffrey Kipnis, Edition Pantheon Books, New York, page 42

Le plan (1) propose une vue de dessus du terrain et de la maison. Il est fait à l’encre et de façon à mettre en évidence la nature et le dénivelé dessiné par des traits ondulés autour de la maison. Au premier regard nous comprenons le concept.  Le parti architectural est un monolithe rectangulaire sobre et fermé, de 10 x17 m et de 3,23 m de hauteur, avec 54 m de baie vitrée, ainsi qu’un cylindre de brique (3m diamètre) qui traverse le toit plat et semble ancrer la maison au sol. La composition structurelle et l’aspect sont d’une incroyable simplicité dans un écrin de verdure. The Glass House se veut être une architecture du vide grâce à l’utilisation de matériaux comme le fer et le verre. Cette architecture moderne est novatrice dans son concept dedans/dehors et dans sa conception des espaces extérieurs et intérieurs liés et interdépendants. Pour Johnson  « L’architecture doit être considérée comme un art visuel avant tout »(P. J, la maison de verre, p 43).  Elle est construite pour laissé entrer le paysage de toute part. Les arbres sont la seule barrière qui servent de mur d’enceinte. Cette maison se veut être la symbolique de la transparence par l’utilisation du verre qui remplace les murs.  Le verre devient structurel. Elle est située sur un promontoire comme « un trophée »(P.J La maison de verre, p 29), aucune nuisance visuelle à 360°. Sur le plan(1), nous voyons le chemin qui mène à la maison, qui est en diagonale, avec un angle à 45° ce qui donne une perspective de profondeur. Inspiré par Choisy qui disait « Ne jamais approcher une construction de face »(Site Ulaval). Les quatre portes sont les seules ouvertures, une sur chaque côté, mais une seule entrée principale. Elles occupent la hauteur totale entre plancher et plafond, soit 3,23 mètres, de façon à mettre l’emphase sur les dimensions des parois vitrées. La structure et l’enveloppe sont traités comme un tout: le prisme de verre, est déposé sur un socle de brique.

Détail de la structure et du montage en fer des baies vitrées. Photo prise sur le site https://www.archdaily.com/. visité le 6 février 2020

Dans le plan,  beaucoup d’ arbres sont dessinés, cela nous expliquent que la nature est précieuse dans ce  projet. Les arbres, permettent lors des périodes d’ensoleillement de bénéficier de l’ombre naturelle nécessaire et permet aussi l’intimité à l’intérieur de la maison. Le gazon et les allées ont des limites claires et l’on comprend que le chemin est un parti pris du concept même de la maison, dans sa scénarisation.  De plus tout le système de chaufferie passe dessous et permet en hiver d’avoir les allées déneigées. Donner à voir la nature tout en ayant aménagée celle-ci. Les limites de perceptions sont structurées par le paysage. Les murets de pierres sont aussi là pour fermer l’espace intime de l’habitation. 

Figures 1, Coupes et photos prisent dans le livre Philip Johnson, The Glass House, Edited by David Whitney and Jeffrey Kipnis, Edition Pantheon Books, New York, page 111

La maison en elle-même est montrée sans détails techniques mais dans son plan concept. Aucune mesure, aucunes notes. Ce plan(1) n’est pas fait pour la construction. Toutefois le document ( Figures 1), nous montre à voir les trois matériaux de base, qui sont le fer, la brique et le verre. Une coupe de profil , nous montre l’ingéniosité du système des colonnes structurelles en fer pour le toit. La disposition des poteaux en fer referme l’espace intérieur et cadre de manière plus stricte sa maison, il en fait un espace centripète. Le socle est en béton et le sol en brique ainsi que le cylindre comprenant la salle de bain, la cheminée et les équipements techniques. Avoir tout le confort et ne rien montrer de la partie technique. Le chauffage est au sol et au plafond. Le plan nous montre aussi un choix dans la disposition des éléments utilitaires et du mobilier. Johnson utilise ce mobilier pour délimiter les espaces : trois immuables qui délimitent les espaces : l’armoire de la chambre, la cuisine, le cylindre. Puis six espaces/éléments mobiles : le tapis du salon, la table basse et les fauteuils, la table et ses quatre chaises, la sculpture, la plante et le tableau de Poussin  pour l’espace de réception;  le bureau et sa chaise, la table de chevet et un tabouret pour l’espace privé. 

« Dans les strictes limites d’une boite de 167 mètres carrés, il fait appel au mobilier de Mies, à des rangements et à des équipements modernes, à des œuvres d’art et à une cheminée pour diviser son plan ouvert selon une organisation complexe {…} Pour obtenir cette extraordinaire condensation de moderniste et de classicisme, il multiplie les tâches attribuées à chaque élément intérieur »(P.J, La maison de verre, p 45). Le paradigme relève bien du modernisme structurel et de l’espace ordonné et discret qui appartient plus à l’architecture classique dans son fonctionnement. En effet, chaque détail, nuance le moderne et le classicisme. Cette architecture  primitive et organique contient les quatre éléments de base d’une habitation : un foyer, une plateforme, un toit et une clôture. Celle-ci renvoie une image semi-transparente qui reflète l’extérieur. La maison fait partie intégrante du paysage et le paysage fait autant partie de la maison que les meubles. 

Pour conclure, le plan du projet de cette maison plain-pied est très simple. Un rectangle de verre  en union avec la nature. Le dessin de cette habitation est claire et précis, et très simple à comprendre. De plus, la disposition du mobilier à l’intérieur donne un caractère à muséal au lieu. Cette maison expérimente le concept où l’homme n’est plus protégé visuellement de l’extérieur, mais toujours physiquement La Glass House n’est pas une maison familiale traditionnelle et permet une ouverture et un lien à la nature. De la galerie des glaces de Versailles au Bauhaus de Gropuis, dont  Johnson s’est  aussi inspiré, sa maison de campagne restera une scénographie variant au fil des saisons. Son aspect résolument moderne cache un romantisme puriste ou Poussin comme la nature exerce son pourvoir formel.

Bibliographie

  • Site internet Erudit,  Barbisan, L. (2017). Vivre la transparence : la maison de verre, essor et déclin d’une utopie. Sens public. https://doi.org/10.7202/1048845ar, consulté le 20 février 2020
  • WHITNEY David et KIPNIS Jeffrey, Philip Johnson la maison de verre , édition Paris Gallimard; Paris Electa 1997, 136 p.

2 thoughts on “Glass House, la nature devient fondamentale !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *